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Certificat Qualiopi n° 25FOR00941.1

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Le quotidien en structure d'accueil

Je ne sais pas quoi faire, alors j’agis !

Apprendre à ne pas intervenir trop vite dans le jeu

· 3 min de lecture

Il y a cette phrase que j’entends souvent en formation, parfois dite à voix haute, parfois seulement pensée :

« Je ne sais pas quoi faire… alors je fais. »

Elle arrive dans un moment de flottement. Un enfant joue, hésite, répète un geste, empile puis fait tomber, recommence encore. L’adulte regarde, observe… et le doute s’installe. Est-ce qu’il faut aider ? Proposer autre chose ? Dire quelque chose ?

Alors, pour faire taire ce doute, on agit, on montre, on corrige, on propose, on intervient.

Et si, parfois, le vrai accompagnement consistait justement à ne rien faire ?

Ce malaise face au « non-faire »

Ne pas intervenir peut être profondément inconfortable. Dans nos postures professionnelles, nous avons appris à faire, à accompagner, à stimuler, à sécuriser. Rester en retrait peut donner l’impression de ne pas remplir son rôle.

Il y a aussi la peur :

  • que l’enfant se mette en difficulté,
  • qu’il s’ennuie,
  • du regard des collègues ou des parents : « Que fait-elle pendant que l’enfant joue ? »

Alors on comble, on anticipe, on devance.

Mais à qui appartient ce temps de jeu ?

Quand l’intervention coupe l’élan

Dans le jeu libre, l’enfant fait quelque chose de précis et précieux : il cherche, il teste, il ajuste. Il construit sa compréhension du monde à travers l’action.

Une intervention trop rapide, même bien intentionnée, peut :

  • interrompre un raisonnement en cours,
  • envoyer le message que l’adulte sait mieux que lui,
  • déplacer l’attention du plaisir de jouer vers la validation de l’adulte.

Parfois, l’enfant n’avait pas besoin d’aide. Il avait besoin de temps.

Observer avant d’agir

Apprendre à ne pas intervenir trop vite, ce n’est pas ne jamais intervenir. C’est changer l’ordre des choses.

Avant de faire, je peux me demander :

  • Que fait réellement l’enfant ?
  • Est-il en difficulté ou en recherche ?
  • Est-ce dangereux ou simplement inconfortable pour moi ?
  • Que se passerait-il si j’attendais encore un peu ?

Observer, c’est déjà accompagner.

Cela demande de ralentir, de faire confiance à l’enfant et... à soi.

Accepter de ne pas savoir

Se dire intérieurement « je ne sais pas quoi faire » n’est pas un échec professionnel.

C’est souvent le signe que l’enfant est en train de faire quelque chose par lui-même.

Et si, au lieu de combler ce vide par l’action, on apprenait à rester dans cet espace ?

Un espace où l’on regarde, où l’on soutient par la présence, le regard, la disponibilité.

Un espace où l’enfant peut aller au bout de son jeu, de sa pensée, de son expérience.

« L’adulte suffisamment bon est celui qui sait être présent sans être envahissant. »
— D. W. Winnicott

Faire moins pour laisser plus de place

Accompagner le jeu, ce n’est pas être au centre. C’est parfois accepter d’être en périphérie.

Être là, sans diriger.

Disponible, sans intervenir.

Prête à agir… mais seulement si l’enfant en a réellement besoin.

Et si la prochaine fois que cette phrase surgit — « je ne sais pas quoi faire, alors j’agis » — vous essayiez autre chose ?

Respirer.

Observer.

Et vous vous demandiez : “et si, pour une fois, je n’avais rien à faire ?”

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