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Je ne sais pas quoi faire, alors j’agis !
Face à un enfant qui joue, le doute s’installe et l’on intervient. Et si, parfois, le vrai accompagnement consistait justement à ne rien faire ?
Comment rester disponible sans s’épuiser
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« Je prends tout », « je repars avec les émotions des enfants », « je suis épuisée en fin de journée »…
Accueillir les émotions fait partie intégrante de notre métier, mais accueillir ne veut pas dire absorber. Et pourtant, la frontière est parfois floue.
Comment rester pleinement disponible pour l’enfant sans se laisser envahir émotionnellement ? Comment accompagner avec justesse sans s’oublier ? C’est tout l’enjeu de la posture professionnelle.
Dans les premières années de vie, l’enfant ne sait pas encore réguler seul ses émotions. Son cerveau émotionnel est immature :
Accueillir une émotion, ce n’est pas la faire disparaître, c’est reconnaître ce que l’enfant vit, lui montrer que son ressenti est légitime, et l’aider progressivement à traverser ce qui se passe en lui.
👉 « Tu es en colère », « c’est difficile pour toi », « je vois que tu es triste ».
Ces mots sont puissants. Ils sécurisent. Ils construisent le lien.
Mais à force d’être dans cette disponibilité émotionnelle constante, un risque apparaît.
Sans s’en rendre compte, certains professionnels portent les émotions des enfants, à leur place :
Résultat ?
Ce n’est pas un manque de professionnalisme.
C’est souvent un excès d’empathie sans cadre.
L’empathie professionnelle, ce n’est pas ressentir à la place de...
C’est ressentir avec, tout en restant ancrée.
On peut être touchée sans être envahie.
Présente sans être aspirée.
Engagée sans se sacrifier.
La clé, c’est la juste distance émotionnelle.
Pour accompagner les émotions, on oscille parfois entre deux extrêmes :
🔒 Le mur : se couper pour se protéger
“Je ne ressens plus rien, comme ça je tiens.”
🧽 L’éponge : tout absorber
“Je prends tout sur moi, je veux aider.”
Aucune de ces postures n’est soutenable sur le long terme.
La posture ajustée est celle comparable à un contenant :
L’émotion exprimée n’est pas celle de l’adulte.
Elle peut être accompagnée sans être absorbée.
On a parfois envie de calmer vite, de distraire, de résoudre.
Or, accueillir, c’est d’abord reconnaître.
Le cadre sécurise autant l’enfant que l’adulte :
Un cadre solide évite que l’émotion prenne toute la place… y compris en toi.
Certaines émotions d’enfants viennent toucher quelque chose de personnel :
Les repérer permet de ne pas les confondre avec celles de l’enfant.
C’est un vrai levier de prévention de l’épuisement.
Être professionnel, ce n’est pas être disponible à 100 % en permanence.
Se préserver, ce n’est pas être moins engagé, c’est prendre soin de la relation sur la durée.
Respirer, passer le relais, verbaliser entre collègues, déposer ce qui a été lourd : tout cela fait partie du travail.
Parce qu’un adulte qui se respecte émotionnellement est un adulte qui accompagne mieux 🤍
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