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Fatigue, ras-le-bol, irritabilité : quand l’équipe est à bout
· 2 min de lecture
Il y a des moments où ça déborde.
Moins de patience, des tensions plus rapidement, des silences lourds ou au contraire des mots qui dépassent la pensée.
Et cette phrase qui revient souvent, à demi-mot :
« Je crois que je suis fatiguée… »
Dans les équipes de la petite enfance, la fatigue ne se voit pas toujours. Elle se glisse dans les postures, les relations, les petits agacements du quotidien. Et quand on ne met pas de mots dessus, elle s’installe.
On parle souvent de fatigue individuelle, mais plus rarement de fatigue d’équipe.
Pourtant, certains signaux sont clairs :
Ce n’est pas un manque de professionnalisme.
C’est souvent le signe d’une usure progressive, liée à l’intensité du métier, aux contraintes, aux responsabilités émotionnelles permanentes.
Dans les métiers du soin et de l’accompagnement, on a appris à “tenir”, à s’adapter, à faire passer les besoins des autres avant les siens.
Résultat, on minimise. On banalise.
On se dit que “ça va passer”.
Mais quand l’usure n’est pas reconnue, elle ne disparaît pas.
Elle s’exprime autrement : tensions, distance, perte de sens, voire épuisement.
👉 Mettre des mots, ce n’est pas se plaindre.
👉 Mettre des mots, c’est prévenir.
« Ce qui ne s’exprime pas s’imprime. »
— Jacques Salomé
Nommer ce qui se joue permet :
Parler de fatigue, de ras-le-bol, de surcharge émotionnelle, ce n’est pas affaiblir l’équipe.
C’est au contraire la renforcer, en lui redonnant de la conscience et de la cohésion.
Prévenir ne veut pas dire tout changer.
Cela peut passer par de petites choses :
Quand une équipe se sent entendue, soutenue et outillée, la fatigue n’a plus besoin de crier pour être reconnue.
Dans mes formations, et mes groupes d’analyse de la pratique, ces sujets reviennent très souvent.
La fatigue, l’irritabilité, le sentiment d’être “à bout” ne sont jamais des faiblesses individuelles.
Ce sont des indicateurs précieux, qui nous invitent à ajuster nos pratiques, notre organisation, notre manière d’être ensemble.
Prendre soin des enfants commence aussi par prendre soin des équipes.
Mettre des mots aujourd’hui, c’est se donner les moyens de durer demain.
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