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Je ne sais pas quoi faire, alors j’agis !
Face à un enfant qui joue, le doute s’installe et l’on intervient. Et si, parfois, le vrai accompagnement consistait justement à ne rien faire ?
Toujours le même jeu, toujours le même coin : comprendre les besoins de l’enfant
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« Il ne joue qu’à ça. »
« Il retourne toujours au même coin. »
« Il refuse de changer de jeu. »
Ces phrases, les professionnels de la petite enfance les prononcent (ou les entendent) très souvent. Face à un enfant qui choisit inlassablement le même jeu ou le même espace, l’adulte peut se questionner, s’inquiéter, voire chercher à provoquer le changement.
Et si, au contraire, cette répétition était un véritable moteur de développement ?
« L’enfant ne joue pas pour apprendre, mais il apprend parce qu’il joue. »
— Jean Piaget
Pour l’adulte, refaire la même chose peut sembler monotone. Pour l’enfant, c’est tout l’inverse.
La répétition répond à plusieurs besoins essentiels :
Retrouver le même jeu, le même coin, les mêmes objets permet à l’enfant de se sentir en terrain connu. Dans un environnement parfois riche, bruyant ou changeant (collectivité, nouvelles personnes, nouvelles règles), la répétition agit comme un repère rassurant.
L’enfant apprend par l’expérience. Refaire encore et encore le même geste, la même action, lui permet de vérifier, d’affiner, de comprendre les relations de cause à effet.
À force de répétitions, l’enfant gagne en compétence, en confiance, en autonomie. Ce qui était difficile devient possible, puis maîtrisé… jusqu’à ce que l’intérêt évolue naturellement.
Contrairement à certaines idées reçues, un enfant qui choisit toujours le même jeu :
Il est simplement en train de travailler quelque chose d’important pour lui, à son rythme.
Ce processus est comparable à l’apprentissage de la marche : on ne demande pas à un enfant d’arrêter de s’entraîner sous prétexte qu’il marche déjà « un peu ».
Face à cette répétition, la posture professionnelle est essentielle.
Que fait exactement l’enfant ? Quels gestes répète-t-il ? À quels moments revient-il vers ce jeu ou ce coin ?
Qu’est-ce que cela semble lui apporter ? De la sécurité ? Du plaisir ? Un apaisement ? Un défi moteur ou cognitif ?
Si le jeu est adapté, sécurisé et librement choisi, l’enfant sait ce dont il a besoin à cet instant précis.
La tentation est grande de proposer autre chose, « pour varier ». Pourtant, forcer le changement peut parfois :
Cela ne signifie pas qu’il faut figer l’environnement, mais plutôt :
Souvent, lorsque le besoin est satisfait, l’enfant explore de lui-même de nouveaux jeux.
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